Champignons médicinaux et COVID-19

Les rois de la modulation immunitaire

 

La mycothérapie

La mycothérapie est une cousine de la phytothérapie qui puise dans les champignons des principes actifs pour répondre à des problèmes de santé. En France, les champignons sont surtout utilisés en cuisine et véhiculent une image de toxicité à cause de la mortelle amanite phalloïde.

Leur usage médicinal est pourtant extrêmement ancien notamment en Orient. L’emploi du reishi est notamment avéré en Médecine Traditionnelle Chinoise 2000 ans avant JC. En Occident, la mycothérapie revient doucement sur le devant de la scène : de manière confidentielle en Europe et dans une forme très marketée aux USA avec de nombreux produits « healthy » qui contiennent des extraits de Shiitaké ou de Reishi.

 

Action antivirale des champignons

Plusieurs champignons médicinaux ont une action antivirale documentée : le Reishi est efficace sur l’Hépatite B, le virus Epstein-Barr, le VIH-1 ; le Coriolus Versicolor sur le papilloma virus-HPV ; le Chaga sur l’herpès simplex de type 2…

Ces champignons stimulent notamment la production d’interférons (dont les IFNγ), des protéines qui activent notamment les cellules NK et les macrophages, des globules blancs super efficaces dans la lutte contre les virus.

Dans le cas du SARS-CoV-2, le Chaga a fait l’objet de recherches spécifiques sur son action antivirale (étude).

 

Immunomodulation

Au-delà de cette action d’inhibition de la phase virale de la COVID-19, la mycothérapie présente un autre atout : la modulation de la réponse immunitaire.

Dans cette épidémie, c’est bien l’emballement immunitaire qui provoque les formes graves de la maladie. Or les Bêta-glucanes (β-glucanes), sucres complexes présents en grande quantité dans les champignons, entrainent une modulation des cytokines.

Le fameux «orage cytokinique» peut également être entravé par d’autres principes immunomodulants des champignons (triterpènes, lectines, vitamine D2) ainsi que par l’association des β-glucanes avec la vitamine C.

 

Une action confirmée sur la COVID-19 ?

Mais avons-nous des retours du terrain pour confirmer cette action dans le contexte spécifique de la COVID-19 ?

Il est très difficile d’obtenir les fonds nécessaires à une étude de grande ampleur sur des produits naturels. Toutefois certains acteurs spécialisés se sont mobilisés durant l’épidémie pour trouver des solutions.

C’est le cas d’Hifas da Terra, un laboratoire de référence en mycothérapie, qui a mené une étude observationnelle en proposant ses compléments à 73 résidents d’une maison de retraite à Madrid, diagnostiqués avec la COVID-19 (étude).

Le taux de létalité au niveau national était de 24% sur cette population (80-90 ans en avril 2020). Les résidents supplémentés avec les extraits de champignons ont présenté un taux de létalité de 1,4%. Plutôt intéressant, non ?

 

Quel protocole ?

Le protocole d’Hifas da Terra associait le Coriolus Versicolor, pour son action antivirale et l’Agaricus Blazei pour son action immunomodulante grâce à sa richesse en β-glucanes. Les 2 champignons étaient accompagnés d’une supplémentation en vitamine C qui optimise l’effet des β-glucanes.

Autre avantage de la mycothérapie, les champignons présentent peu de contre-indications ou d’interactions médicamenteuses. Dans le cas d’une supplémentation auprès de personnes polymédicamentées, ces champignons ont pu agir en parallèle des traitements conventionnels.

 

Mon avis

Avec un SARS-CoV-2 dont la compréhension plus fine pourrait amener à une requalification en maladie de l’immunité, plus juste que la lecture initiale d’infection pulmonaire, l’action immunomodulante des champignons semble extrêmement intéressante.

En prévention, pendant l’infection ou même en cas de COVID-long, une complémentation avec l’Agaricus Blazei ou le Coriolus Versicolor paraît pertinente et sûre pour garder une réaction immunitaire adaptée.

J’ai également eu l’occasion de conseiller le Reishi dans un accompagnement COVID-19. Immunomodulant, antiviral, il offre également une protection cardiovasculaire bien utile avec une protéine Spike qui favorise l’agrégation plaquettaire et peut conduire à des thromboses.

La mycothérapie présentent donc de multiples opportunités thérapeutiques dans le cas du SARS-CoV-2. Une bonne occasion de la découvrir et de la tester.